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STAGES   

JOUER RACINE AUJOURD'HUI

Le vivant sous les mots

 

Stage de jeu pour acteur.ices

du 14.09.2026 au 19.09.2026 - Paris

de 10h à 18h

Stage dirigé par Clément Séclin, metteur en scène

et directeur d'acteur.ices

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Laboratoire de recherche Triptyque Racine

Iphigénie/Phèdre/Andromaque

​​​​​​​​​" Le metteur en scène n'est utile que si l'acteur est meilleur avec lui que sans lui " P. Chéreau

​Jouer c'est aussi chercher à ne pas jouer ce qui est dit. Mais à le faire sien. 

Laisser faire la musique et le sens qui en émerge. Le travail du jeu par la tragédie classique permet l'émancipation de l'acteur.ice, dans l'exploration corporelle, émotionnelle avec comme arme, une langue qui colore tout son environnement. L'acteur.ice peut alors métamorphoser les désastres pour en faire les fondements de notre vérité.

Je crois que libérer le  jeu d'un.e comédien.ne ne peut se faire qu'au milieu des contraintes, formelles, techniques.​ La langue du XVIIe siècle et en particulier le théâtre Racinien, permet cela. 

 

Par qui ? 

Clément Séclin est metteur en scène, directeur d'acteur.ices, auteur et musicien. Il travaille depuis près de 15 ans à la création théâtrale, notamment auprès de grands noms tels que Roméo Castellucci, Falk Richter, Stanislas Nordey, Noëlle Renaude, Arthur Nauzyciel, Macha Makeïeff ou encore Lazare. (TNB, MC93, TNS, CDN de Béthune, Comédie de Reims...)

Une de ses dernières créations "La Nuit des Incertains" est récompensée de prix d'écriture et de mise en scène SACD et ARTCENA, ce qui lui permet de collaborer avec La Ferme du Buisson, scène nationale. 

Avec La Cie La Fille de l'Eau, il crée ensuite plusieurs spectacles, avec le désir d'un théâtre total, engagé. Un geste esthétique radical, une recherche organique, plastique et textuelle où l'acteur et son jeu sont au centre de la création et de ses recherches. 

À qui s'adresse ce stage ?

À des comédien·nes professionnel·les ou en formation avancée qui veulent s'emparer du répertoire racinien,  participer à un laboratoire de recherche du Triptyque de Clément Séclin. Pas pour rejouer la tradition mais pour comprendre ce que cette langue exige, ce qu'elle révèle, et comment la faire vivre sur un plateau aujourd'hui.

Ce que ce stage interroge

Racine est souvent redouté. Sa langue impressionne, ses contraintes paralysent, son prestige intimide. Ce stage part d'une conviction inverse : l'alexandrin n'est pas un obstacle au jeu, c'est un instrument. Et les tragédies raciniennes ne sont pas des monuments figés, ce sont des partitions émotionnelles d'une précision rare.

Comment incarner cette langue étrangère ? Comment trouver dans la contrainte formelle une liberté absolue ? Comment rendre à Phèdre, Hermione ou Agamemnon l'urgence, le concret, le réel et la vraisemblance d'un texte contemporain ?

C'est à ces questions que ce stage tente de répondre, en s'articulant essentiellement sur le travail au plateau, l'expérience collective, l'interprétation et l'appréhension physique, organique et émotionnelle des scènes.

La musicalité chez Racine. Quand la langue devient émotion.

Il y a chez Racine quelque chose qui précède le sens. Quelque chose surgit. Dans la gorge, dans la poitrine, dans l'oreille. C'est ça, la musicalité racinienne. Et ce n'est pas qu'une ornementation. C'est une architecture sonore au service de l'état de chacun des personnages. Chaque alexandrin est construit comme une respiration, avec sa montée, sa césure, sa chute. Chaque assonance, chaque allitération, chaque silence entre deux hémistiches porte une information émotionnelle que les mots seuls ne pourraient pas dire.

Phèdre elle-même, avant l'aveu, est trahie par la langue.  Racine l'a écrite ainsi : les vers craquent avant elle.

La musique du texte devance toujours la pensée. Elle dit la honte avant la confession, la violence avant le geste, le deuil avant la mort. C'est en ce sens que l'alexandrin n'est pas une contrainte formelle, mais un instrument de vérité.

Pour le comédien, travailler cette musicalité, c'est apprendre à faire confiance au texte avant de l'appréhender intellectuellement. C'est accepter que la langue sache ce que les figures ignorent. C'est jouer le rythme comme on jouerait une partition, avec précision, liberté, avec la peau, l'oeil, le ventre...

Racine aujourd'hui, ce que les tragédies disent de nous

Sous les toges, les palais et les dieux grecs, ce sont nos propres visages qu'on reconnaît, nos obsessions, nos lâchetés, nos liens intimes. Les tragédies raciniennes en sont les miroirs. 

 

Iphigénie, c'est un père qui sacrifie sa fille pour des raisons d'État. Pour une guerre. Pour un vent favorable. Qu'est-ce que cela dit de notre rapport au pouvoir ? De la façon dont les institutions politiques, militaires, familiales, broient les individus au nom d'un intérêt supérieur ? Combien d'Iphigénies sacrifie-t-on encore aujourd'hui, silencieusement, au nom d'une nécessité politique, morale ?

 

Phèdre, c'est le désir qui dévore. Mais c'est aussi une femme que la société condamne deux fois. D'abord pour ce qu'elle ressent, ensuite pour ce qu'elle est. Une femme dont la parole est retournée contre elle, dont le corps devient une faute. Dans un monde où la question du consentement, des violences sexistes et sexuelles est plus que jamais au cœur du débat public, Phèdre trouble par sa vérité et son combat.

 

Andromaque, c'est la guerre après la guerre. Une femme réduite à être un butin, un enjeu diplomatique, une monnaie d'échange. Une femme qui tente de survivre dans un monde qui ne lui appartient plus. C'est la question des réfugiés, des vaincus, de ceux qu'on déplace et qu'on négocie. C'est la violence des rapports de domination entre les peuples, entre les genres, entre les générations.

Ce que Racine pose, au fond, c'est toujours la même question : jusqu'où sommes-nous prêts à aller pour obtenir ce que nous voulons ? Et qui paie le prix de nos ambitions, de nos peurs, de nos désirs ?

Programme du stage détaillé envoyé après inscription

Intervenant

Le stage est dirigé par Clément Séclin, metteur en scène, dont le travail sur Racine, notamment le premier volet de son triptyque, Iphigénie, explore les points de contact entre la rigueur du vers Racinien et les exigences du plateau contemporain.

- INFORMATIONS -

Dates, lieu et horaires du prochain stage
du 14 septembre au 19 septembre 2026 - Paris
de 10h à 18h


Pour qui ? 
Comédiennes, comédiens professionnels 
12 stagiaires maximum


Tarif 
450 euros TTC pour 42 heures de formation

Financement - nous contacter

Inscriptions / candidatures
envoyez CV et lettre de motivation à cielafilledeleau@gmail.com

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